L’audit énergétique réglementaire va plus loin que le DPE : il décrit le bâtiment et propose des parcours de travaux chiffrés pour améliorer sa performance. En 2026, il doit notamment être fourni lors de la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble appartenant à un seul propriétaire lorsque le DPE est classé E, F ou G. Il n’est pas imposé pour la location au seul motif que le logement est une passoire thermique.
Dans quels cas l’audit est-il obligatoire ?
En métropole, l’obligation de vente concerne les maisons individuelles et les monopropriétés classées F ou G depuis 2023, puis classées E depuis le 1er janvier 2025. Les logements classés D seront concernés à partir du 1er janvier 2034. Un appartement vendu seul dans une copropriété n’entre pas dans ce dispositif réglementaire de vente.
L’audit doit être remis au candidat acquéreur lors de la première visite, si elle a lieu, puis intégré au dossier de vente. Il reste valable cinq ans. Cette obligation ne doit pas être confondue avec l’audit demandé dans le cadre d’une rénovation d’ampleur MaPrimeRénov’, dont le parcours et les justificatifs répondent à des règles spécifiques.
Qui peut réaliser l’audit énergétique ?
Le propriétaire doit choisir un professionnel disposant de la qualification appropriée au type de bâtiment : diagnostiqueur certifié pour l’audit dans son périmètre, bureau d’études qualifié, entreprise certifiée ou architecte formé, selon les cas prévus par les textes. L’auditeur ne peut pas sous-traiter la réalisation de l’audit réglementaire.
Vérifiez le professionnel dans les annuaires officiels et demandez son assurance. Une certification DPE seule ne prouve pas automatiquement qu’il est habilité à établir tous les audits. Le guide Diagogo pour choisir un diagnostiqueur fiable présente les contrôles à effectuer.
Quels documents préparer avant la visite ?
Le propriétaire doit transmettre le récapitulatif du DPE et, lorsqu’il les possède, les factures de travaux et les autres diagnostics techniques. Ajoutez les plans, notices du chauffage, justificatifs d’isolation, documents de copropriété ou d’entretien utiles. Ces pièces permettent de distinguer une caractéristique prouvée d’une hypothèse par défaut.
Signalez les extensions, changements de fenêtres, isolation récente, chauffage d’appoint et pièces difficiles d’accès. Assurez l’accès aux combles, sous-sols, locaux techniques et équipements concernés. Une préparation complète réduit les corrections après la visite.
Étape 1 : visite et état des lieux du bâtiment
L’auditeur effectue au moins une visite en présence du propriétaire ou de son représentant. Il vérifie les données du DPE et décrit l’enveloppe : murs, planchers bas, toiture, menuiseries, orientation, ponts thermiques et étanchéité à l’air. Il examine également le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation, le refroidissement et leurs régulations.
L’objectif n’est pas de contrôler l’efficacité de chaque appareil électroménager. L’audit réglementaire porte sur la performance du bâtiment et les usages pris en compte par la méthode du DPE. Les factures peuvent éclairer le contexte, mais les scénarios reposent sur un calcul conventionnel et non sur les seules habitudes des occupants.
Étape 2 : estimation de la performance initiale
L’auditeur estime la consommation d’énergie primaire et finale, les émissions de gaz à effet de serre et les dépenses théoriques. Il établit aussi un schéma des déperditions thermiques. Depuis le 1er janvier 2026, le calcul intègre le coefficient électrique de 1,9, comme le DPE.
Si le DPE existant comporte une donnée erronée, l’auditeur vérifie et corrige l’état des lieux utilisé dans son rapport. Le dossier sur le calcul 3CL du DPE explique les principales données prises en compte.
Étape 3 : construction des scénarios de travaux
L’audit doit comporter au moins deux propositions : un parcours par étapes et un parcours permettant une rénovation performante en une seule étape. Les scénarios étudient six postes : murs, planchers bas, toiture, menuiseries, ventilation, chauffage et eau chaude.
Dans le parcours par étapes, la première étape doit permettre un gain d’au moins deux classes et traiter deux postes d’isolation. L’objectif final est en principe la classe B. Des parcours aménagés existent lorsque les contraintes techniques, architecturales, patrimoniales ou un coût disproportionné empêchent de l’atteindre.
Chaque étape doit rester cohérente. Remplacer le chauffage avant de réduire les besoins peut conduire à un équipement mal dimensionné ; isoler sans traiter la ventilation peut créer de l’humidité. L’auditeur doit donc examiner les interactions entre les lots.
Étape 4 : coûts, économies et aides
Le rapport estime le coût des travaux et les aides principales mobilisables. Il présente la performance après chaque étape, les économies d’énergie conventionnelles, les émissions évitées et une fourchette d’effet sur les frais annuels. Ces montants restent des estimations : ils ne remplacent pas les devis d’entreprises.
Pour préparer le financement, consultez les règles de MaPrimeRénov’ en 2026 et de l’éco-PTZ. L’éligibilité doit être confirmée au moment du dépôt.
Étape 5 : remise et contrôle du rapport
Le rapport de synthèse doit être transmis au propriétaire dans le mois suivant la visite, sur support papier et informatique. Vérifiez l’adresse, les surfaces, les systèmes, les qualifications de l’auditeur, les scénarios et les hypothèses de coûts. Demandez une correction écrite si une information factuelle est inexacte.
Un bon audit ne vous oblige pas à réaliser les travaux avant la vente. Il informe l’acquéreur et lui donne une feuille de route pour négocier, planifier et financer la rénovation. Diagogo peut organiser l’intervention d’un professionnel qualifié et vous aider à préparer les pièces nécessaires.
FAQ
Un audit est-il obligatoire pour louer un logement classé F ou G ?
Non. L’audit réglementaire décrit ici concerne certaines ventes ; d’autres règles de décence s’appliquent à la location.
Combien de scénarios l’audit doit-il proposer ?
Au moins deux : un parcours par étapes et un parcours de rénovation performante en une étape.
Combien de temps l’audit reste-t-il valable ?
Cinq ans, sous réserve que le bâtiment et les données décrites n’aient pas été profondément modifiés.








