Le DPE ne mesure pas les factures personnelles des occupants. Depuis juillet 2021, les logements sont évalués avec la méthode conventionnelle 3CL-DPE, qui applique les mêmes hypothèses d’usage à tous les biens. Cette standardisation permet de comparer deux logements, mais elle exige des données fiables sur le bâtiment. En 2026, le coefficient de conversion de l’électricité a changé, sans remettre en cause le principe général du calcul.
Que calcule réellement le DPE ?
Le DPE estime la consommation conventionnelle d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre pour cinq usages : chauffage, refroidissement, production d’eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires comme les pompes et ventilateurs. Il ne cherche pas à reproduire la facture exacte d’une famille, qui dépend du nombre d’occupants, de la température choisie et des habitudes quotidiennes.
Le résultat repose sur des scénarios standardisés d’occupation et sur le climat de la zone. Deux ménages vivant différemment dans un logement identique doivent donc obtenir la même évaluation conventionnelle, si les caractéristiques techniques saisies sont les mêmes.
Quelles données alimentent la méthode 3CL ?
Le diagnostiqueur relève ou justifie notamment :
- la surface de référence, la forme et l’orientation du logement ;
- les murs, planchers, toitures, isolants et ponts thermiques ;
- les fenêtres, portes et protections solaires ;
- le chauffage, la climatisation et l’eau chaude ;
- la ventilation et les auxiliaires ;
- les énergies utilisées et certains équipements renouvelables.
Les informations visibles peuvent être constatées pendant la visite. Pour les éléments cachés, une facture, une notice technique, un document de copropriété ou un justificatif de travaux peut permettre de retenir une valeur précise. En l’absence de preuve acceptable, le logiciel applique une valeur par défaut qui peut être moins favorable.
Préparez donc les documents avant l’intervention. Le guide sur le DPE d’un logement vacant sans factures explique pourquoi les consommations réelles ne sont plus le point de départ du calcul.
Comment la classe A à G est-elle déterminée ?
Le rapport établit un classement pour la consommation d’énergie primaire et un autre pour les émissions de gaz à effet de serre. La classe finale du logement correspond au plus mauvais des deux résultats. Un logement peut donc être pénalisé par sa consommation ou par l’énergie fortement émettrice utilisée pour le chauffage.
L’énergie finale correspond à celle livrée et consommée dans le logement. L’énergie primaire intègre l’énergie nécessaire pour la produire et l’acheminer. Des coefficients convertissent l’une en l’autre selon la source d’énergie.
Ce que change le coefficient électrique de 1,9
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Ainsi, 1 kWh d’électricité finale est désormais comptabilisé comme 1,9 kWh d’énergie primaire dans le DPE. Cette évolution peut améliorer la classe de certains logements chauffés à l’électricité, mais elle ne garantit pas un changement d’étiquette : les déperditions, les équipements et le classement climatique continuent de compter.
Les DPE édités depuis le 1er janvier 2026 utilisent automatiquement le coefficient 1,9. Un DPE valide plus ancien ne devient pas caduc pour autant. Lorsque le nouveau calcul améliore l’étiquette, le propriétaire peut télécharger gratuitement une attestation officielle depuis l’Observatoire DPE-AUDIT de l’ADEME, sans nouvelle visite.
Le cas particulier des logements de 40 m² ou moins
Depuis le 1er juillet 2024, des seuils adaptés s’appliquent aux logements dont la surface de référence est inférieure ou égale à 40 m². Cette correction répond au poids proportionnellement élevé de certains usages fixes, notamment l’eau chaude, dans une petite surface. Elle modifie les seuils de classement, pas les caractéristiques physiques du logement.
Pour un ancien DPE valide concerné, une attestation peut également être obtenue sur l’Observatoire de l’ADEME. Consultez le dossier sur le DPE des petites surfaces avant de commander inutilement un nouveau diagnostic.
Pourquoi deux DPE peuvent-ils différer ?
Une différence n’indique pas automatiquement une fraude. Elle peut résulter de travaux, de justificatifs nouveaux, d’une surface corrigée, d’une évolution réglementaire ou d’une erreur de saisie. Comparez les données d’entrée avant les lettres finales : isolants, fenêtres, générateurs, ventilation et surface.
Le numéro ADEME figurant sur le rapport permet d’en vérifier l’authenticité. Sans ce numéro attribué après transmission, le DPE n’est pas valable. En cas d’erreur matérielle, demandez une correction au diagnostiqueur avec les justificatifs concernés.
Ce que le DPE ne promet pas
La dépense annuelle indiquée est une estimation pour un usage standard. Elle ne constitue ni une facture garantie ni un devis de travaux. Les recommandations du DPE donnent des pistes, tandis qu’un audit énergétique construit des scénarios plus complets. Pour une présentation générale des obligations et de la validité, consultez le guide du DPE en 2026.
Le calcul devient réellement utile lorsque les données décrivent correctement le logement. Diagogo vous aide à préparer les justificatifs et à organiser l’intervention d’un diagnostiqueur certifié afin de sécuriser la classe utilisée dans votre projet de vente ou de location.
FAQ
La méthode 3CL utilise-t-elle les factures d’énergie ?
Non pour calculer la classe : elle applique des usages conventionnels aux caractéristiques techniques du logement.
Un DPE réalisé en 2025 est-il devenu invalide en 2026 ?
Non. Il reste valable selon sa durée initiale ; une attestation peut actualiser gratuitement l’étiquette si le coefficient 1,9 l’améliore.
La classe finale est-elle une moyenne des deux étiquettes ?
Non. Elle correspond au plus mauvais classement entre énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre.








